Népal 2015

Népal – Janvier 2015

” Je suis venue, j’ai vu.. Et puis tout a disparu ! “

Le Népal. Pays des sommets inaccessibles. Terre d’aventures tant spirituelles que physiques. Ou l’enclenchement de la transition asiatique. Bienvenue sur le sous continent Indien, là où les visages deviennent fins et sombres, le regard perçant et intense.

Katmandou, la mystérieuse. Capitale mythique et mystique. Elle fait rêver rien qu’à la prononciation de son nom. Pour toute ma génération, Katmandou rime avec Tintin, Milou, Chang, le yéti et son pote le capitaine. Sacrée référence !

Décrire Katmandou est un drôle d’exercice. Difficile de savoir par où commencer. Ville de saturation des sens, le plaisir qu’elle procure pour certains peut devenir une épreuve pour d’autres. Frappante et remplie par l’exotisme des ses pays où règne une joyeuse anarchie. Elle dégagera cette cacophonie qui en déroutera plus d’un, avec cette capacité à mêler sérénité et folie furieuse.

Oui, Katmandou c’est cette densité humaine, submergé par les couleurs et les odeurs. Le genre de ville qui transpire la vie. Artères animées, bruyantes et poussiéreuses. Capitale bondée tel un jour de grève dans le RER D, capitale d’une anarchie organisée du trafic motorisé, là où le Klaxon assourdissant est une arme secrète. La théorie voudrait que l’on roule à gauche. La pratique fera que chacun occupe la route comme bon leur semble. Vélos, motos, taxi et Rickshaw se lance dans une guerre où passera, passera pas où seul l’œil du lynx Népalais ou l’optimisme des minibus est capable de te faire passer un troupeau de buffles dans un ni de fourmis rouges sans en égratigner une seule !

Katmandou, c’est aussi cette ville aux charmes d’antan. (Quand j’écris ces mots, j’ai l’impression d’avoir 500 ans !). Là où ces bâtiments se rapprochent au fur et à mesure des étages, pour presque se toucher à leurs sommets. Ajoutez ces innombrables ruelles toutes plus colorées les unes que les autres et cet enchevêtrement de magasins à n’en plus finir. Atmosphère de trekking dominante, les agences aussi nombreuses que leurs rabatteurs, qui dégainent plus vite que leurs ombre cartes de visites traduites en chinois sont prêts à tout pour faire mouche. Te faisant varier le prix d’un trek de l’allure d’un minibus népalais en furie dévalant les pentes vertigineuses de l’Himalaya en pilote de Rickshaw tout ramolo ! Sans oublier cette quantité impressionnante de restaurants. Coincés entre ciel bien bas et terre bien haute, on s’y faufilera le plus souvent en évitant soigneusement poutres et autres maintiens de fortune. Te proposant à côté des rassasiantsdal Bath, momos et autres soupes te faisant résister au plus puissant des hivers Népalais, une surréaliste et sortie de nulle part : “Craipe àla Fran cèse” ! Le clou du spectacle viendra de ces multiples vendeurs à vélo.. Plus à coté et moins dessus. Ils transformeront, avec une ingéniosité digne des meilleurs foodtruksparisiens, leur vieille bicyclette en cuisine multifonction : où comment parmi fruits, légumes, cacahouètes et autres plats indéfinissables, mon Pépito, vendeur préféré, m’a en chaque fin de journée, fraîchement fait à la demande de savoureux pop corn. Petit “rituel Népalais” qui se transformera en jeu du chat et de la souris le soir venu pour espérer le croiser dans ces sombres allées. Ce genre de petit bonhomme, haut comme trois pommes et tout rigolo. Sourire vissé sur le visage, généreux avec cet air littéralement heureux.

Dans cette densité sans nom, Katmandou, c’est aussi croisé l’élégance de ses femmes portant avec grâce ces tenue éclatante de couleur et avec une facilité déconcertante ces énormes charges sur la tête. Là où tout être normalement constitué se serait effondré et aurait obtenu un arrêt de travail de 15 jours pour cause de nuque brisée !

Chaos mixé à la cohue, Le calme surviendra la, où tu t’y attendras le moins. Passant sous cette petite porte, traversant une courette, des oasis de calme se dresseront face à toi. Le genre d’oasis où le charme des Stupas saisira. Drapeaux colorés flottants de part et d’autre. Prières écrites dessus et prêtent à s’envoler vers les cieux pour être exécutées. Il règne dans ces lieux une sérénité sans nom. On y croisera le plus souvent Ganesh, ce sacré dieu ! Qui comme toutes statues de dieux Hindous sera paré d’offrandes. La sagesse et la prospérité qui en dégage, seront aussi une parenthèse enchantée pour venir discuter ou encore boire un café. Des pépitos Népalais, assis sur leurs banc d’écoliers, profitant du soleil rasant referont leur monde, d’autres installeront leur étals de fruits et légumes sur les escaliers, des enfants courront dans tous les sens sans risquer de se faire aplatir par un objet roulant bien trop pressant et certains, fort surprenants viendront en “prière express” ! La cinglante touche du Népalais en partie occidentalisé et sans doute contaminé par le gène du parisien bien trop pressé. Ou comment arriver en moto, ne surtout pas descendre pour faire trois pas, prier moins d’une minute et repartir aussi sec !

AHHHH KAT-MAN-DOU !
” Tiens, si on courait au Népal ! ”
” Ah une épreuve pile poil quand on y est ! ”
” Parfait ! “

Vu de Paris.. C’était une simple course sur route de 10km ” Les doigts dans le nez ! “

Vu du Népal.. Ça c’est transformé en Trail de 11km ” un de plus ou un de moins “, dans les montagnes voisines ” Pauvre petite parisienne bien naïve que je suis.. Une course sur une route plate au Népal.. Mais bien sur ! “

Vu du jour de la course, à côté des gazelles Népalaises.. Je faisais pas la fière !

Vu au moment du départ, j’ai bouffé 5km de montée pour commencer.. Ai doublé les gazelles dans l’ascension, mais me suis fait pulvériser dans la descente.. Ai eu une vu imprenable sur toute la vallée avec le soleil qui se levait.. Et dans ce moment drôlement cocasse, armée de ma tenue de course à pied, ai traversé un monastère et demandé mon chemin aux moines ! Splendide !

Vu de l’arrivée.. Le plus long 11km de ma vie et 2h20 plus tard : j’ai sorti tous les noms d’oiseaux que je connaissais et maudit cette affreuse descente !

Vu du lendemain.. “Ok, j’ai mal au corps !”

Ça tombe bien, on part en trek dans le Langtang pour une semaine : Youpiiii ! ” Encore une fabuleuse idée Lulu ! “

Nous y voilà.. Le trek.. Impossible de venir au Népal sans venir treker ! Ça aurait été comme comme trouver une boutique de chocolat Lindt au Népal et ressortir les mains vides !

Apres l’Himalaya vu en photo, après l’Himalaya vu des hublots.. L’Himalaya en sac à dos !

Théoriquement, le départ du trek est à 150 km, théoriquement c’est pas loin.. Mais théoriquement c’est un peu comme faire Bangkok – Katmandou en 24h de voyages ! La pratique, c’est toujours autre chose ! Rallier l’étape numéro un de ce trek, en aurait rendu malade plus d’un ! Malade en l’occurrence c’est les pepitas Népalaises, qui chacune leur tour et à chaque virage, auront vomi leurs tripes dans ces petits sacs plastique roses ! Malade, la vue de imprenable sur le ravin de mille mètreset ces carcasses de minibus en vue des je tournais la tête sur la gauche ! ” Hey Pepito, tu feras attention au prochain virage hein ! Promis ?! ” Dans ce minibus d’un autre temps, avec une capacité maximum de 25 personnes, nous sommes facilement le double ! Sans compter les chèvres, les poules, la demi tonne de riz chargée sur le toit, les enfant empilés à deux voire à trois sur les genoux de la mama, et de ceux qui sont perchés avec les poules et les chèvres sur ce fameux toit !
Là haut dans la montagne.. A 2000 mille mètres d’altitude nous voici, sur cette “route” enfin “chemin” enfin ” sur ce petit filet de terre coincé entre falaise et vide intergalactique ! “. Un peu fataliste, dans le style ” De toute façon, c’est le seul moyen d’y aller ! “, j’ai vu quelques touristes transpirer ! Touriste qui deviendra transparent, quand en face il verra venir.. Une autre camionnette ! Qui pour la petite touche de classe dans ce moment “chaud chaud chaud Pepito” aura osé écrire sur son pare-chocs “Road King” ! Ajoutez, un panneau annonçant : ” Vérifiez vos freins et actionnez votre Klaxon à chaque virage ” : Et la transpiration est à son comble !

Le Guide : “Alors là, Lulu tu as Langtang 1.. Et puis tu vois Lulu, là bas c’est Langtang 2.. Et au fond, c’est Langtang… Etc” ! Ok Pepito, Lulu a saisi ! J’ai la famille Langtang à mes pieds ! Cernée, coincée, écrasée par toute cette immensité ! Ce moment où les Annapurna semblent crever le ciel. Ou Comment prendre la pleine mesure des géantes qui t’entourent. Le souffle qui devient de plus en plus court au fur et à mesure des jours qui passent.. Arriver à 4400 mètres.. Et se sentir encore “Ridicule” et foncièrement “Minuscule” ! Majestueux, comme une forteresse imprenable. C’est haut.. Trop haut ! Le temps semble s’arrêter. Tu en as rêvé. Elles sont là, face à toi. La photo est implacablement RIDICULE ! Alors : Ouvre les yeux et souviens toi !

Trois mois plus tard.. Le 25 Avril est passé par là. On va pas faire pleurer les cailloux, ni refaire l’histoire. C’est court, c’est loin et à la fois rien.. Tout a été réduit à néant, certains villages traversés n’existent tout simplement plus. Le trek en lui même est rangé au rayon des souvenirs. Inéluctablement, tu repenses à eux, à ces visages, ces sourires, leurs accueils, leurs gentillesses.. Tu repenses à Pépita et sa “maison en carton” qui même avec un duvet, tous mes vêtements et deux couvertures, j’ai cru y laisser ma peau pour cause d’hypothermie… Tu repenses à ces joyeux moments, tous collés autour d’un minuscule poêle tentant désespérément de se réchauffer, à ces petits déjeuner sans goût mais remplis d’énergie..

Alors une affaire d’opportunité ou de choix. Disons que j’ai eu cette “chance” d’en prendre plein les yeux et de pouvoir en faire mon terrain de jeu..

Une simple question, reste sans réponse.. Et je donnerais beaucoup pour savoir : ” Hey dis, Pépita, t’es vivante ? “

Oui, ” Je suis venue, j’ai vu.. Et puis tout a disparu.. ” Quasiment 10 mois plus tard, j’arrive enfin à mettre des mots sur ce trépidant bout de voyage..

Rajoutez ce tas de petites touches exotiques, telles qu’il aura été monnaie courante de prendre ces douches à la lampe frontale, que l’on a été invité en guest star à l’inauguration d’une boulangerie et que la chaîne Himalayenne en haut de ta rue ça change vraiment du bar à bière et de la station essence qui culmine d’habitude ! Et le tour est joué !

Namaste..

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